Olivier { v o c a l s }

Quand tu gagnes une course, l’histoire raconte jamais tout ce que t’as traversé pour en arriver là. L’histoire elle retient que ce jour là t’étais le meilleur, alors tu t’en paies une bonne tranche et puis tout s’évapore.

Mais notre histoire à nous elle est plus moche que ça. Elle est pleine de branle-couilles et de planches pourries. Mais une planche pourrie ça se change et c’était ce qu’on allait faire, encore. Sauf que là encore ça s’annonçait pas comme une ballade sous le soleil. Un bon pilote ça se trouve pas sous le premier bidon d’huile venu et il nous fallait un gonze avec ce qu’il faut dans le buffet pour encaisser.

On nous avait refourgué quelques noms, trois ou quatre culs-terreux du coin, pas tous mauvais, mais tu mets pas un V6 dans une Mustang. Hors de question. On tournait en rond et ça commençait à se voir. Et ça commençait à sentir pas très bon. Pas la fin mais presque, on voulait pas l’admettre, admettre qu’on était comme un putain de canasson avec une patte en miettes.

Olivier
Olivier

C’est lui qui nous a trouvés. Pas un gars du coin, mais pas loin. Il avait entendu causer de la Fastback quelques mois plus tôt et avait tenté le coup. Comme quoi une réputation dans ce milieu, ça fait le taf. Alors on se voit, alors on cause.

Il pilote plus beaucoup, il a besoin de se refaire. Il survit en refourguant des ECU pirates mais, l’odeur de l’essence lui manque… Il a de l’expérience, des bornes au compteur mais un putain de potentiel… Je le sens bien, assez bien pour lui foutre le volant entre les mains.

On s’est démerdés pour avoir la piste trois jours plus tard et voir ce qu’il avait dans le ventre. On a affûté la bête au maximum. Il a enfilé sa combarde rouge sang et ses lunettes de soleil, s’est marré quand on lui a tendu un casque. Derrière ses verres fumés il a fait parler le chrono. C’était un as, et pour la première fois depuis trop d’années, la putain de boucle était bouclée…

Olivier